Mon pull moutarde préféré me faisait un teint gris, et je ne comprenais pas pourquoi.
La réponse avait un nom : la colorimétrie. Cette méthode repère les couleurs qui s’accordent avec ton teint, tes yeux et tes cheveux, pour savoir lesquelles porter près du visage. Tu trouveras ici l’origine de la méthode des saisons, de quoi identifier ton sous-ton et ta saison, un autotest à faire chez toi et les pièges qui faussent tout. Le tout sans promesse miracle.
En bref :
- La colorimétrie repère les couleurs en harmonie avec ton teint, tes yeux et tes cheveux.
- Tout part du sous-ton : chaud, froid ou neutre.
- La méthode des saisons, popularisée en 1980 par Carole Jackson, s’inspire des travaux du peintre Johannes Itten.
- Un autotest en cinq étapes, en lumière naturelle, donne déjà une bonne piste.
- C’est une aide pour mieux choisir, pas une règle ni une baguette magique.
Qu’est-ce que la colorimétrie ?
En mode et en beauté, la colorimétrie est une méthode d’analyse qui repère les couleurs en harmonie avec le teint, les yeux et les cheveux d’une personne. Elle observe la température, la clarté et l’intensité de cette coloration naturelle pour en tirer une palette de couleurs à porter près du visage, en vêtements comme en maquillage.
Le mot vient pourtant des sciences : au sens strict, la colorimétrie mesure la couleur. En 1931, la Commission internationale de l’éclairage (CIE) a adopté un système de référence qui décrit chaque couleur par des valeurs chiffrées. Le sens mode et beauté en est un usage dérivé.
Pour lire une coloration, on croise la température (reflets dorés ou rosés), la clarté (ensemble clair ou foncé), la saturation (couleurs vives ou douces) et le niveau de contraste entre peau, cheveux et yeux. Le vocabulaire vient de la peinture : sur le cercle chromatique, les couleurs chaudes occupent une moitié, les froides l’autre, et les couleurs complémentaires se font face.
Pourquoi une écharpe change-t-elle ta mine ? Parce que deux couleurs voisines s’influencent : chacune semble s’éloigner de l’autre. Le chimiste Michel-Eugène Chevreul, qui dirigeait les teintures de la Manufacture des Gobelins, a publié sa loi du contraste simultané des couleurs en 1839. Un col coloré sous ton menton joue le même jeu avec ton teint.
Soyons honnêtes : c’est un outil d’observation, pas une science exacte. Souvent présentée au féminin, la colorimétrie vaut aussi pour les hommes, et elle sert d’abord à mieux choisir.
D’où vient la méthode des saisons ?
La méthode des saisons a été popularisée par un livre américain de 1980, mais elle s’inspire des travaux d’un peintre suisse.
Johannes Itten (1888-1967) a enseigné au Bauhaus de Weimar de 1919 à 1923, puis publié en 1961 Kunst der Farbe, un classique de la théorie des couleurs. Il y défend l’idée de couleurs subjectives : chacun serait attiré par des harmonies qui lui ressemblent, en lien avec sa personnalité comme avec son apparence. On lui attribue aussi l’idée de rattacher des palettes à quatre types de personnes, baptisés du nom des saisons.
C’est l’Américaine Carole Jackson qui fait connaître la méthode au grand public, avec son livre Color Me Beautiful paru en 1980. Le principe tient en une ligne : quatre familles, l’hiver et l’été pour les sous-tons froids, le printemps et l’automne pour les sous-tons chauds, chacune avec sa palette de couleurs.
Des déclinaisons plus fines ont suivi, en 12 saisons et parfois davantage. Elles croisent température, clarté et saturation pour distinguer, par exemple, un automne doux d’un automne profond. Garde en tête que tout ce système est né de l’observation et de la pratique, pas d’une démonstration scientifique.
Sous-ton chaud, froid ou neutre
Le sous-ton est la nuance de fond qui transparaît sous la peau, et c’est lui qui oriente toute ta palette. Ne le confonds pas avec la carnation, le degré de clarté de la peau, de très claire à très foncée : chaque carnation existe avec chacun des sous-tons.
Un sous-ton chaud tire vers le doré ou le pêche, un sous-ton froid vers le rosé ou le bleuté. Quatre indices aident à trancher, avec une fiabilité inégale :
- le test du bijou : l’or illumine souvent les peaux chaudes, l’argent les froides. Pour moi, c’est le plus parlant ;
- le blanc : le blanc pur flatte plutôt le froid, l’ivoire plutôt le chaud ;
- le soleil : une peau qui dore vite penche vers le chaud, une peau qui rougit vers le froid, mais cela dépend surtout du phototype ;
- le test des veines : vertes au poignet, sous-ton chaud ; bleues ou violacées, sous-ton froid. C’est souvent le moins concluant, car leur couleur apparente varie avec l’éclairage et la peau.
Et si rien ne tranche ? Tu as peut-être un sous-ton neutre : l’or et l’argent te vont autant, tes veines sont impossibles à classer. Les teintes intermédiaires te réussissent, et les approches en 12 saisons décrivent mieux ton profil. Dernier point : la carnation change avec le bronzage, alors que le sous-ton est généralement considéré comme stable. Teste-toi donc hors période de bronzage.

Les quatre saisons et leurs palettes
Chaque saison colorimétrique associe une température à une intensité. Le sous-ton sépare d’abord les saisons chaudes, printemps et automne, des saisons froides, été et hiver. La clarté et la saturation départagent ensuite chaque duo : le printemps est plus clair et plus vif que l’automne, l’hiver plus franc et plus contrasté que l’été.
| Saison | Sous-ton | Contraste | Couleurs phares | À éloigner du visage | Métal |
|---|---|---|---|---|---|
| Printemps | Chaud | Léger à moyen | Corail, pêche, jaune doré, turquoise, ivoire | Noir, gris froid, teintes très sombres | Or jaune |
| Été | Froid | Faible à moyen | Rose poudré, lavande, bleu-gris, vert d’eau, gris perle | Orange, moutarde, noir dur | Argent |
| Automne | Chaud | Moyen | Rouille, moutarde, kaki, vert olive, chocolat | Rose vif, bleu glacé, noir intense | Or, cuivre, bronze |
| Hiver | Froid | Fort | Noir, blanc pur, rouge franc, fuchsia, bleu roi, émeraude | Beige, camel, orangés, teintes poudrées | Argent, platine |
Ces palettes restent des repères, pas des listes fermées : chaque saison regroupe des profils variés, que les déclinaisons en 12 saisons affinent.
Printemps et automne, les saisons chaudes
Le printemps, c’est la lumière. Sous-ton chaud, couleurs claires et lumineuses : corail, pêche, jaune doré, vert tendre, turquoise. L’ivoire remplace le blanc pur, le camel clair sert de neutre et l’or jaune lui va bien. Le noir et les teintes très sombres l’éteignent vite.
L’automne garde la chaleur mais gagne en profondeur : rouille, brique, moutarde, kaki, vert olive, chocolat, bleu canard. Ses couleurs sont riches, souvent un peu atténuées, et s’accordent avec l’or, le cuivre ou le bronze. Le rose vif et le bleu glacé lui réussissent rarement près du visage.
Tu te demandes quel rose porter quand tu es automne ? Choisis des roses chauds qui tirent vers le saumon, le vieux rose doré ou le corail, plutôt que des roses bleutés.

Été et hiver, les saisons froides
L’été joue la douceur : rose poudré, lavande, bleu ciel, bleu-gris, vert d’eau, gris perle, prune douce. Ces couleurs froides et légèrement grisées vont avec un contraste faible à moyen, et l’argent leur sied mieux que l’or. Orange, moutarde et noir dur le fatiguent (mon pull moutarde en sait quelque chose).
L’hiver, lui, vit de contrastes : noir, blanc pur, rouge franc, fuchsia, bleu roi, vert émeraude, marine. Ces teintes vives et franches s’accordent avec l’argent ou le platine, tandis que le beige, le camel et les couleurs poudrées l’affadissent. En colorimétrie, la femme hiver a souvent les cheveux foncés, un fort contraste avec la peau et un regard intense. Souvent, pas toujours : ce sont des tendances, pas des critères obligatoires.
L’autotest en cinq étapes à faire chez soi
Un bon test de colorimétrie maison dépend d’abord des conditions. Installe-toi en lumière naturelle, près d’une fenêtre et sans soleil direct, le visage démaquillé, les cheveux attachés ou cachés sous une serviette blanche s’ils sont colorés. Porte un haut neutre, prends un grand miroir et, si tu peux, un regard extérieur : on se juge mal soi-même.
- Blanc pur contre blanc cassé : pose l’un puis l’autre sous ton menton. Celui qui unifie ton teint indique ta température.
- Or contre argent : c’est le test du bijou. Lequel rend ta peau lumineuse, lequel la grise ?
- Tissus chauds et froids : approche une couleur chaude de ton armoire (corail, moutarde), puis une froide (fuchsia, bleu glacé). Observe tes cernes, tes rougeurs et ton regard, qui s’atténuent ou ressortent selon la couleur.
- Clarté et contraste : compare un tissu clair et un tissu foncé, puis passe une photo de ton visage en noir et blanc. L’écart entre peau, cheveux et yeux révèle ton niveau de contraste.
- Le verdict : croise tout. Chaud et clair, plutôt printemps ; chaud et profond, plutôt automne ; froid et doux, plutôt été ; froid et contrasté, plutôt hiver.
Les résultats se contredisent ? Envisage un sous-ton neutre et refais le test un autre jour, à une autre heure. Pour un avis extérieur, le draping proposé par les conseillers en image consiste à poser des tissus de couleur un à un sous ton visage. C’est une option, jamais une obligation.

Quelles couleurs porter près du visage ?
Ta palette sert d’abord à tout ce qui touche ton visage : hauts, cols, écharpes, foulards, montures de lunettes, boucles d’oreilles. Pantalons, jupes et chaussures peuvent s’en éloigner sans dommage, car ils restent loin de ton teint.
Tu adores une couleur hors palette ? Garde-la. Porte-la en bas, ou sépare-la de ton visage par un col, une écharpe ou un collier dans tes teintes. Voilà la réponse la plus honnête à la question « quelles couleurs me vont » : bien plus que tu ne le crois, pourvu qu’elles restent à la bonne distance.
Quant aux cheveux châtains, ils ne donnent pas la saison à eux seuls. Un châtain aux reflets cendrés oriente plutôt vers les saisons froides, un châtain aux reflets dorés ou cuivrés vers les saisons chaudes.
Le noir, le blanc et les neutres
Le noir et le blanc pur flattent surtout les hivers. Près du visage, ils durcissent souvent les autres profils. Chaque saison a ses neutres de rechange : marine ou gris-bleu pour l’été, chocolat ou kaki foncé pour l’automne, marine clair, camel ou gris chaud pour le printemps. Pour les saisons chaudes, l’ivoire ou le blanc cassé remplace avantageusement le blanc optique. Et ton tee-shirt noir chéri ? Garde-le, avec un foulard de ta palette par-dessus.
Le maquillage selon ton sous-ton
Le fond de teint se choisit d’abord selon le sous-ton : base dorée s’il est chaud, rosée s’il est froid. Ma première erreur ? Le tester sur le dos de la main : la démarcation au niveau du cou m’a vite servi de leçon. Teste-le sur la mâchoire, en plein jour.
Côté blush et rouge à lèvres, les saisons chaudes vont vers le pêche, l’abricot, le corail, le brique ou les rouges orangés, les froides vers le rose, le framboise, le prune ou les rouges bleutés. Avec un sous-ton neutre, un nude proche de tes lèvres se trompe rarement.
Un rouge à lèvres attire aussi le regard sur ton sourire. Si la teinte de tes dents te tracasse, j’ai fait le point sur le blanchiment des dents au stylo, limites comprises.
Les erreurs qui faussent le résultat
L’erreur numéro un consiste à tout miser sur un seul indice. Le test des veines ou une photo isolée ne suffisent pas : éclairage, écran et filtres modifient les couleurs, et un test colorimétrique en ligne peut te donner deux saisons différentes à partir de deux selfies.
Vient ensuite la lumière. Mon tout premier test, je l’ai fait un soir, sous le plafonnier de la salle de bains : verdict automne. Refait en plein jour, il m’a classée été, et j’ai enfin compris le coup du pull moutarde. Maquillage, bronzage et autobronzant brouillent aussi la lecture.
Autre confusion fréquente : prendre la carnation pour le sous-ton, ou déduire sa saison d’une coloration. Et rien n’est figé, puisque la palette peut évoluer quand les cheveux blanchissent.
Enfin, ne t’interdis pas une couleur que tu aimes. Les bonnes couleurs donnent un effet bonne mine, elles n’effacent ni les rides ni la fatigue. Et si le regard que tu portes sur ton apparence pèse lourd, la couleur n’y peut pas grand-chose : travailler son estime de soi t’aidera bien davantage.
Colorimétrie et garde-robe durable
Bien utilisée, la colorimétrie pousse surtout à acheter moins. Commence par trier ton dressing avec ta palette : garde ce qui te flatte, porte loin du visage ce qui te flatte moins, donne ou revends ce que tu ne mets jamais. Et prends ton temps : après mon premier test, j’ai donné trois pulls d’un coup, dont un que j’aurais très bien pu garder avec un foulard.
Bâtis ensuite une base de deux ou trois neutres de ta saison, comme le marine, le chocolat ou le gris perle, puis ajoute quelques couleurs d’accent qui se marient entre elles. De quoi composer plus de tenues avec moins de pièces.
Ta palette devient alors un filtre d’achat. Moins de coups de tête, des vêtements portés plus souvent, et la seconde main ou un accessoire pour tester une couleur sans risque.

Se sentir bien dans ses couleurs peut aider à se sentir plus à l’aise le matin. La confiance se construit pourtant ailleurs, et comprendre ce qui nourrit la confiance en soi t’emmènera plus loin qu’un pull bien choisi.
Et le jour où tu hésites devant une vitrine, pose-toi une seule question : cette couleur me donne-t-elle bonne mine en plein jour ? Si oui, elle a sa place près de ton visage. Sinon, rien ne l’empêche de finir en jupe, en pantalon ou en sac.
Questions fréquentes
Quelle est la couleur qui me va le mieux ?
La couleur qui te va le mieux partage la température, la clarté et l’intensité de ta coloration naturelle. Un sous-ton chaud s’illumine avec des teintes dorées comme le corail ou le camel, un sous-ton froid avec des teintes bleutées comme le framboise ou le bleu roi. Un autotest en lumière naturelle permet de trancher.
Comment savoir si je suis froide ou chaude ?
Tu es plutôt chaude si l’or et l’ivoire illuminent ton visage, plutôt froide si l’argent et le blanc pur te réussissent mieux. Compare-les sans maquillage, à la lumière du jour, près d’une fenêtre. Si aucun des deux ne l’emporte, ton sous-ton est probablement neutre.
Comment déterminer sa saison ?
On détermine sa saison en croisant trois observations : le sous-ton, chaud ou froid, la clarté de l’ensemble et le contraste entre peau, cheveux et yeux. Chaud et clair évoque un printemps, chaud et profond un automne, froid et doux un été, froid et contrasté un hiver.
Quelle couleur de vêtement pour les cheveux châtains ?
Avec des cheveux châtains, tout dépend des reflets et du sous-ton. Un châtain cendré s’accorde souvent avec le bleu-gris, le rose poudré ou le marine, un châtain doré ou cuivré avec le camel, le kaki, la rouille ou le vert olive. La couleur des cheveux ne suffit jamais à fixer la saison.
Quelle couleur pour une femme printemps ?
Une femme printemps porte bien les couleurs chaudes, claires et lumineuses : corail, pêche, jaune doré, vert tendre, turquoise, ivoire ou camel clair. L’or jaune lui réussit mieux que l’argent. Près du visage, mieux vaut éviter le noir et les teintes très sombres, qui ont tendance à éteindre son teint.


